COP21 - Intervention de M. Idriss Déby Itno, 30.11.2015

Intervention du Président de la République tchadienne, M. Idriss Déby Itno, lors de la cérémonie d’ouverture de la COP21, le 30 novembre 2015.

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Ouverture de la COP21. Paris-Le Bourget, 11 novembre 2015

Monsieur le Président de la République Française,
Altesses Royales,
Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames, Messieurs,
Tout protocole observé,

C’est naturellement avec un grand intérêt que le Tchad prend part à la COP21, rendez-vous historique pour l’humanité toute entière.
Permettez-moi tout d’abord de remercier le Gouvernement Français et, partant, le Peuple Français pour toutes les attentions dont ma délégation et moi-même sommes l’objet depuis notre arrivée en France.

Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Le Tchad mon pays, subit de plein fouet les effets du changement climatique. Rareté de pluies, désertification continue, mais aussi et surtout sécheresses récurrentes avec leurs corollaires affectent durement notre développement socio-économique.
Au cours des dernières décennies, les zones climatiques saharienne et sahélienne du Tchad ont progressé de 150 km vers le Sud. Il en a résulté une réduction des surfaces agricoles et pastorales provoquant le déplacement des éleveurs et agriculteurs vers des zones plus propices à leurs activités, exacerbant la pauvreté ainsi que les conflits entre communautés.
De même, la superficie du Lac Tchad est passée de 25 000 Km² en 1960 à une moyenne de 2 500 Km² ces dernières années. Cette diminution a réduit considérablement les productions agricoles et halieutiques et forcé à l’immigration les habitants vers d’autres régions du pays.
En plus de son assèchement continu, le Lac Tchad est devenu aujourd’hui le repaire des terroristes de Boko Haram, qui y sèment la désolation.
Une attention particulière doit être accordée aux grands Fleuves de la sous-région notamment le Chari, le Logone et le Niger, dont l’ensablement, la surexploitation et la pollution entrainent la diminution des ressources halieutiques et limitent les activités agro-pastorales.

Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Face à la gravité de la situation climatique, le Tchad s’est engagé dans des actions vigoureuses visant à inverser la tendance. Nous pouvons citer, à titre d’illustrations, l’institution, depuis 1972, d’une Semaine Nationale de l’arbre, la mise en place des ceintures vertes autour des grandes villes, l’interdiction de la coupe d’arbre vert et de la chasse.
Ces mesures ont permis à la flore de se régénérer et à la faune de se reconstituer.
Sur le plan sous-régional, le Tchad participe activement, en apportant une contribution financière substantielle, à la mise en place de la Grande Muraille Verte.
Il en est de même pour la protection des forêts au sein de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale.
Notre engagement en faveur de l’environnement est tangible et irréversible.

Mon pays a élaboré et déposé dans le délai ses Contributions prévues et déterminées au niveau National pour contribuer à l’effort mondial de réduction des émissions des gaz à effet de serre et pour renforcer sa résilience aux changements climatiques en mettant en œuvre des programmes cohérents pour son émergence à l’horizon 2030.

La contribution du Tchad en matière d’atténuation comporte un objectif inconditionnel et un objectif conditionnel respectivement pour une réduction de 18% et 71% par rapport au scénario de référence.
Le Tchad privilégie, dans la mesure des moyens à sa portée, un développement sobre en carbone, même si ses émissions des gaz à effet de serre sont parmi les plus basses au monde.

Le Tchad encourage l’investissement dans des projets d’adaptation et d’atténuation devant profiter en priorité aux populations locales y compris l’égalité du genre. Le Tchad accorde une attention particulière au développement de l’énergie renouvelable.

Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais réitérer notre soutien aux positions communes des Organisations africaines, régionales et sous-régionales sur les questions clés, objets de la COP21.
Je voudrais, pour terminer, renouveler mon pressant appel quant au sauvetage du Lac Tchad, un bassin qui fait vivre 30 000 000 d’âmes et menacé aujourd’hui de disparition.
Je lance en même temps un appel pour des actions plus robustes en faveur du Sahel dont les populations sont très vulnérables au changement climatique.
C’est pourquoi je formule le vœu que cette rencontre au Sommet trouve les compromis nécessaires pour mieux protéger notre environnement donc notre avenir, l’avenir de l’humanité.

Je vous remercie !

Dernière modification : 02/12/2015

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