18 au 20 avril 2012 : Déplacement de M. l’Ambassadeur à Mongo

Les buts de ce déplacement étaient d’apprécier les changements politiques locaux en lien avec les récentes élections locales, l’appréciation du devenir de micros projets, des rencontres avec les associations, la présentation d’un projet phare et original de l’AFD en faveur du pastoralisme transhumant.
es divers entretiens avec des élus locaux se sont révélés riches d’informations concernant l’évolution possible des pratiques de gestion à l’échelle d’une petite ville alors que doit se mettre en place un processus de décentralisation.
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Monsieur DE MENTHON a visité différents équipements qui concourent au mieux être des populations. L’approvisionnement en eau dans cette région semi aride est un problème majeur. Plusieurs petits équipements associant un forage, une pompe et un réservoir en hauteur fonctionnent, mais le réseau urbain n’est pas encore véritablement opérationnel. La coopération française a financé il y a quelques années la construction d’un grand château d’eau.
La question du traitement des déchets solides, projet que la coopération française a soutenu en 1999 (avec l’Association Française des Volontaires du Progrès) et poursuivi jusqu’en 2004 avec la mairie, a motivé la création d’équipes de quartier en partie bénévoles pour leur collecte hebdomadaire et leur acheminement par charrette vers des décharges intermédiaires. Cependant, faute de moyen de transport lourd ces déchets ne sont pas acheminés vers une décharge ultime.

L’Ambassadeur a également visité l’Institut universitaire de technologie installé depuis 2007 en dehors de la ville. Avec l’Institut universitaire d’Abéché, celui de Mongo, très lié au premier, bénéficie d’une part importante de notre appui à l’enseignement supérieur : accords universitaires avec les INSA de Lyon et de Saint Etienne, sélection par concours, formations courtes (3 ans) et professionnalisantes, effectifs mesurés (promotion de 100), dotation conséquente en équipements pédagogiques, implication financière des compagnies pétrolières.
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La mission conduite par l’Ambassadeur a rencontré les représentants d’une dizaine d’associations de jeunes. Elles mènent chacune plusieurs combats : lutte contre le VIH, assainissement de la ville, vulgarisation de latrines, agriculture périurbaine, lutte contre la désertification, scolarisation des filles, etc.

Le centre de formation et de promotion socioculturelle dite association Moustaggbal, qui œuvre au profit des déshérités et handicapés, avait bénéficié d’une subvention en 2007 pour la construction d’une salle de classe, d’une petite bibliothèque et d’un magasin de promotion de produits artisanaux. Ces équipements sont réalisés, sont fonctionnels et correctement entretenus.
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L’Ambassadeur a rencontré les représentantes de l’antenne locale de la CELIAF. Les activités et les souhaits présentés par ces représentantes des groupements de femmes locaux sont focalisés sur la création d’activités génératrices de revenus : maraîchage, transformations alimentaires, couture, petit élevage, petit commerce. La conversation a tournée autour du micro crédit et des taux usuraires (15% sur 3 mois) pratiqués par la seule banque communautaire sur place.
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Une table ronde au vicariat a permis de passer en revu l’action d’inspiration chrétienne, dans un immense diocèse commençant à la frontière libyenne et s’étendant jusqu’à la limite de la Centrafrique : action de scolarisation avec plus de 60 écoles, 40 petites bibliothèques plus la formation de maîtres, édification de petits barrages de décrue en échange de nourriture, création de 331 banques de céréales qui permettent de disposer de semences même au terme de périodes de soudure critiques et ainsi d’éviter un vicieux endettement (jusqu’à 300%) .
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Depuis 1993, l’AFD consacre des financements importants au développement de l’hydraulique pastorale sur une large partie du territoire tchadien. L’Ambassadeur a pu parcourir un couloir de transhumance (« murhal ») sur plusieurs kilomètres, délimité par des bornes de béton peintes en blanc. L’équipe « d’appui à la gestion des ressources pastorales » du projet a pu m’expliquer son travail d’animation et de concertation avec les populations qui empruntent ces couloirs ou qui cultivent leurs abords. Cette consultation est évidemment le préalable à tout bornage. Les couloirs sont marqués uniquement lorsqu’ils incisent des zones favorables aux cultures. Il s’agit d’inscrire dans le paysage des droits de passage, de stationnement, mais aussi des limites d’emblavements, droits à même de diminuer fortement des conflits très circonscrits, mais violents, entre adeptes de modes d’accès aux ressources en partie concurrents. Sur l’ensemble du Tchad près de 2000 km de piste ont été balisés, contribuant ainsi au développement de la mobilité des troupeaux, et à la diminution des conflits. L’Ambassadeur s’est rendu dans la localité de Mangalmé à la rencontre des membres du comité de gestion de ces aménagements et de prévention et résolution des conflits. Ce projet qui doit se poursuivre dans le long terme, est présenté par tous comme original et assez éloigné des habituels projets soutenus par des financements extérieurs.

Dernière modification : 27/04/2012

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